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Mercredi 7 mai 2008

Je vous ai abandonnés lâchement ces dernières semaines et la blogosphère me manque étrangement.

En même temps, à ma décharge, j'avoue que je ne vois pas le temps passer!

Pour recommencer en douceur, une énième anecdote avec un de mes monstres, en attendant que je finisse la nouvelle sur les mondes oubliés... Et vous? la forme? :)

« Allez, Maman, je veux que tu m’habilles ! », tempête mon fils pour la dixième fois en 5 secondes. Je reste zen (en même temps, 5 secondes, je peux encore ne pas hurler…), et lui réponds invariablement :

« Robin, je t’ai dit que d’abord, je bois mon café, et qu’après, promis, je t’habille. »

Evidemment, ça ne lui convient pas. Mon monstre a beaucoup de qualités (forcément, c’est MON fils) mais la patience, malheureusement, n’en fait pas partie…

« Mais allez Maman, je veux que tu m’habilles ! »

Là, mes 5 secondes de zénitude sont arrivées à expiration et l’énervement point doucement dans mon début de réponse :

« Robin, je commence à en avoir assez… »

Il ne me laisse pas finir, et passe de l’exigence à un immense sourire :

« Cassée ! Je t’ai cassée ! Tu m’as cru ! » et il se sauve.

C’est sa dernière trouvaille pour désamorcer une dispute : il réclame, exige, veut, et si au bout d’un moment, il se rend compte qu’il ne va rien gagner, il fait volte-face dans son attitude et sourit comme s’il avait fait une bonne blague.
 
Indépendamment du fait qu’il n’ait que 5 ans, qu’il n’a pas plus vu Brice de Nice que moi, je reste un instant perplexe.

« Robin, viens voir ici s’il te plaît !
- Oui Maman, tu as fini ton café ?
- Non, pas tout à fait, mais je voudrais que tu m’expliques qui t’a appris ‘Cassé’.
- Ben c’est Justine !
- Ah je vois…
- Tu as fini maintenant ? »

J’avale ma dernière gorgée de café.

« Oui, maintenant j’ai fini, tu vas pouvoir sortir jouer dehors avec tes copains.
- C’est vrai ? » demande-t-il avec des étoiles plein les yeux.

Je ne sais pas ce qui m’a pris à ce moment-là mais je lui réponds :

« Cassé ! Tu m’as crue ! Je vais d’abord me resservir une tasse… »

Moi ? Mère indigne ? Meuh non.

Bon d’accord, en fait je me suis bien resservi une tasse, mais avant de la boire, je l’ai habillé…

par Ecriveuse publié dans : Mots d'enfants communauté : LES COPAINS D'ABORD
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Mardi 1 avril 2008

8h10 du matin. Les enfants sont habillés, prêts à être déposés à l’école.
 

C’est évidemment le moment que choisit Justine pour me demander un truc.

« Maman, qu’est-ce que je pourrais vendre dehors ? »

Un peu interloquée, je fais comme les mômes et réponds :

« Pourquoi ???
- Ben pour avoir des sous !
- M’enfin Juju, pourquoi tu as besoin de sous ?
- Comme ça, quand il faudra ramener des sous à l’école pour quand on va au cinéma ou au théâtre, ou pour autre chose, ben j’aurais pas besoin de te demander à toi ! »

C’est vrai qu’en ce moment, c’est un peu raide côté rentrées d’argent, mais nous ne sommes pas les seuls à vivre avec un salaire pour 4. D’un autre côté, ces derniers temps, les enfants parlent beaucoup d’acheter (jouets pour eux, pour le chat, certains produits alimentaires de marque 4 fois plus chers que les autres pour le même genre et le même goût, etc.) et que souvent je leur explique que non, on ne peut pas toujours acheter tout et n’importe quoi, et qu’il faut faire attention à ne pas dépenser plus que ce qu’on a… D’autant, bien entendu, qu’ils ne manquent de rien !

« Juju, ça c’est le rôle des parents de s’en occuper. Pas des enfants !
- Oui mais je pourrais vendre des lapins, hein ? Heu, ajoute-t-elle en voyant mon air étonné, pas des vrais non plus ! Des faux, continue-t-elle en ajoutant le geste à la parole et en me montrant un hypothétique livre qu’on ouvre (ce qui, entre nous, ne me fait pas plus faire le lien avec un lapin).
- Tu as parfois des idées étranges, ma doudou… De toute façon, en général, les enfants ne vendent pas quelque chose. En plus, en France, et heureusement, il est interdit de faire travailler les enfants.
- Ah. Mais hier tu m’as dit que dans certains pays, ils étaient obligés de travailler, les enfants.
- Oui, justement, tu te souviens, on parlait d’alphabétisation, parce qu’il y a des adultes qui ne savent ni lire ni écrire, parce qu’ils ne sont pas allés à l’école. Et je t’ai expliqué aussi que dans certains pays, des enfants de ton âge travaillent dans des mines, ou dans des usines, et qu’ils fabriquent des jouets par exemple pour que les enfants d’ici puissent en acheter alors qu’eux-mêmes n’en auront probablement jamais… (oui, je sais, je me suis un peu laissée déborder, et peut-être que pour une fillette de 8 ans, ce n’est pas simple à appréhender…)
- Oh, ça je sais ! D’ailleurs, avec Léa, quand on sera grandes (ah tiens, ça faisait longtemps !), ben on ira leur donner nos vieux jouets qui seront encore en bon état !
- C’est gentil ça. Mais il existe déjà des endroits où on peut donner des jouets pour les enfants d’ici qui ne peuvent pas en avoir parce que leurs parents ne gagnent pas assez d’argent.
- Donc leurs enfants travaillent aussi pour les aider ?
- Non Doudou ! Ici, je t’ai dit que le travail des enfants est absolument interdit ! Il faut qu’ils aillent à l’école, pour apprendre, et pouvoir faire un métier qui leur plaît plus tard.
- Ah… Donc je ne pourrais rien vendre ?
- Juju, quand vous serez plus grands, nous vous donnerons ce qu’on appelle de l’argent de poche à toi et à ton frère. Comme ça, vous en ferez ce que vous voudrez.
- Ben Clémence elle a eu un vrai billet de 10 euros à son anniversaire… »

D’accord. Là, je vois un peu mieux le pourquoi de la question initiale.

« Et donc, tu en voudrais aussi ?
- Ben je sais pas.
- Franchement, ma chérie, tu en ferais quoi ?
- Je ne sais pas… Mais je pourrais vous le donner à Papa et toi… »

Je souris et l’embrasse sur le front :

« Ne t’inquiète pas ma belle, tout va bien : il faut simplement faire attention à ne pas dépenser pour n’importe quoi, mais l’essentiel, c’est que l’argent qu’on a nous permet d’avoir une maison, de quoi manger, et de quoi s’habiller ! Et de temps en temps, pouvoir s’acheter quelque chose dont on a vraiment envie. Pour le plaisir. Tu comprends ?
- Oui Maman. Je crois.
- Donc, vraiment, il ne faut pas t’inquiéter, d’accord ?
- Oui, d’accord… Mais je trouvais que c’était une bonne idée.
- Hé bien plus tard, quand tu auras quelques années de plus, pour avoir un peu d’argent à toi si l’argent de poche ne te suffit pas, il te suffira par exemple de garder des enfants quand leurs parents sortent. C’est ce que j’ai fait moi, à partir de l’âge de 13 ans. Pour le moment, tu es un peu petite encore mais ça viendra vite !
- Et tu me laisseras faire ?
- Evidemment, voyons ! Allez, en route, c’est l’heure ! »

Je crois qu’il est inutile de leur dire pour le moment qu’ils ont chacun un petit compte en banque, ouvert à leur naissance, qui augmente tout doucement tous les mois…


Tout comme il est inutile de lui raconter que quand moi j’avais 10 ans, avec ma sœur de 7, nous avions volé un pot de boutons appartenant à ma mère (qui en avait une collection impressionnante et qui trouvait toujours celui qui convenait sur une chemise ou un pantalon) et nous avions frappé à la porte de tous  nos voisins pour les vendre, un par un, évidemment. Ca a plutôt bien marché, jusqu’au moment où, une heure plus tard, ma mère s’en est rendue compte et nous a obligées à rembourser tous nos voisins…


Cela dit, je l’ai toujours su, mais ma gosse a un cœur en or massif…

par Ecriveuse publié dans : Mots d'enfants communauté : LES COPAINS D'ABORD
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Vendredi 28 mars 2008

Alors que je suis en train de mettre un de mes textes en forme, mon fils arrive comme un boulet de canon dans la cuisine.

« MAAAAAAAAAMAAAAAAAAAN !!! »

Comme d’hab, je manque d’avoir une attaque.

« Robin, arrête de hurler !
- En fait je veux juste du ‘jus pomme’… ‘Si te plé’ Mamanchériedamourquejaime, ajoute-t-il d’un trait devant mon air sévère.
- D’accord, donne-moi ton verre.
- Qu’est-ce que tu fais sur ton ordinateur ?
- Je mets en italique.
- C’est comme la mécanique. Sauf que c’est italien. »

Houlà. Robin prend parfois des raccourcis que j’ai du mal à suivre. Heureusement que j’y suis habituée… Vous non, et ça m’amuse beaucoup !

« Mon cœur, l’italien, c’est une langue, comme le français. Par exemple, ‘Ti amo’, en italien, ça veut dire ‘Je t’aime’. En espagnol, on dit ‘Te quiero’, en anglais ‘I love you’, en russe…
- Ah oui ? Et en Luxembourgeois ? »

Erf. Nous y revoilà avec le luxembourgeois. C’est vrai que lui aussi, en deuxième année de maternelle apprend les rudiments de la langue voisine…

« Heu, là, je ne sais pas. Faut demander à Justine, elle sait peut-être…
- On dit ‘Moyen’ (prononcez ‘Mohienne’).
- Mais non mon bébé, ça ça veut dire ‘Bonjour’.
- C’est pareil », conclut mon monstre gentil d’un ton péremptoire en prenant son verre de jus de pomme.

Moralité, va falloir que je fasse gaffe quand je dis bonjour dans la rue. Des fois qu’on prenne ça pour des déclarations d’amour…

par Ecriveuse publié dans : Mots d'enfants communauté : R42,
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Jeudi 27 mars 2008

« Maman… »

Au ton de la voix, je sais que ma fille va me poser une de ces questions dont elle a le secret.

« Oui ma chérie ?
- J’ai une question à te poser (qu’est-ce que je disais !). Bon, je sais, elle est un peu idiote mais j’aimerais savoir un truc.
- Ma chérie, il n’y a pas de question idiote : il faut toujours demander ce qu’on ne comprend pas… ».

En lui affirmant ça, je prie un Dieu que je ne connais d’être en mesure de trouver la réponse adéquate. Et si c’était une question de physique quantique ? Non. Elle n’a que 8 ans… Ou alors pire, une question de métaphysique ?! Ou pire encore… LA question !

« Maman, quand je suis née, je suis née avant ou après ?
- … » (et là, vous m’imaginez, la bouche grande ouverte, l’air complètement ahuri)

Bon c’était pas LA question. C’est déjà ça de pris. Par contre, pour la suivre des fois ma Juju, faut se lever de bonne heure…

« Comment ça ???
- Ben oui, je veux dire, tu sais, je suis née avant ou après ? Je t’avais dit que c’était une question idiote, hein !
- Mais non ma doudou, c’est pas une question idiote… Je ne la comprends pas, c’est tout…
- Mais si, normalement, les bébés, ils doivent rester pendant au moins trois mois dans le ventre de la maman non ? Ou 10, je ne sais plus (houlà, va falloir recadrer un peu, mais je vois enfin où elle veut en venir).
- Aaaaaaah d’accord. En fait, tu devais naître le 13, et tu es née le 3, donc 10 jours avant la date prévue.
- Sinon quoi ? J’allais mourir ? »

Ah ben voilà, je comprends mieux pourquoi elle m’a parlé, dans la voiture, d’une dame qui a perdu un nouveau-né…

« Ben non, tu n’allais pas mourir… Mais comme je suis tombée, et que pour ne pas que mon ventre touche par terre en tombant, j’ai forcé sur tous mes muscles, ça a déclenché le travail…
- Ah… Donc je ne devais pas mourir ?
- Mais non ma chérie ! D’ailleurs, vous êtes nés tous les deux en bonne santé, ton frère et toi. C’est tout ce qui comptait. Ca doit être dur de perdre un bébé.
- Surtout quand il est mort », confirme ma fille.

A ce stade, je ne vais pas en rajouter une couche sur le fait qu’elle n’a pas compris le sens de perdre. Je réprime quand même un sourire, et surtout, ne lui parle du fait que ça a été le cas de ma mère à moi. Après tout, inutile de la traumatiser plus qu’elle ne semble l’être déjà.

« Tu sais, Juju, ça arrive, des fois… C’est triste, mais on ne peut pas y faire grand chose.
- De toute façon, elle va avoir un autre bébé, Madame X.
- Ah ben, c’est très bien ça !
- Faudra qu’elle fasse attention où elle le met cette fois… »
Je dois être maso, mais je ne peux pas m’empêcher de lui demander :

« Tu n’as pas d’autres questions qui te préoccupent ?
- Non, non… Je cherche, là, mais non…
- Tu as compris alors ?
- Oui oui…
- Ah, et au fait, ma chérie, c’est neuf mois, pas dix, ni trois, qu’on garde un bébé dans le ventre.
- C’est ce que je t’ai dit !
- …
- J’ai dit dix, c’est pareil ! (je suis certaine que toutes les femmes enceintes du monde sont d’accord…)
- Pas tout à fait non, un mois de plus, dans ce cas, c’est long !
- En tout cas, non, maman, je n’arrive pas à trouver d’autres questions. Tu m’emmènes à mon cours de théâtre ?
- On y va. »

J’ai donc échappé à LA question. Mais je me demande si ça ne va pas être pour bientôt…

par Ecriveuse publié dans : Mots d'enfants communauté : LES COPAINS D'ABORD
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Mercredi 26 mars 2008

« Allez, les schtroumpfs, on y va !
- Mais Maman, j’ai pas envie de sortir, râle Juju.
- Moi non plus j’ai pas envie», enchérit son frère, sans lever les yeux de sa DS.

Le jour où on a acheté ces trucs-là, j’me demande si on n’a pas fait une énorme bêtise.

« Même si vous n’avez pas envie, je dois aller à ce rendez-vous et comme vous êtes petits, vous ne pouvez pas rester tout seuls. Allez, hop, chaussures et blousons. Plus vite on sera partis, plus vite on sera revenus.
- C’est pas juste ! On fait toujours comme toi tu veux ! s’indigne la grande.
- Oui, c’est pas juste,  confirme son frère, toujours le nez sur son jeu.
- Je sais. Mais la vie n’est pas juste alors autant vous y frotter tout de suite, remarqué-je, amusée de leur début de rébellion.
- Tu parles toujours de démoquelquechose, et pourtant tu fais le contraire… »

Note pour plus tard : c’est une chose d’enseigner des notions à ses enfants, c’en est une autre de prendre leurs réflexions, pertinentes en plus, dans la tronche quand, justement, on n’a pas le temps de s’étendre sur la question…

« Démocratie ? C’est ça le mot que tu cherchais Juju ?
- Oui, voilà. Démocratie. On n’a qu’à voter. Et comme ça, on verra si on reste ou pas… », ajoute-t-elle d’un air détaché.

Grmble. Note bis : arrêter absolument de vouloir TOUT leur expliquer. Ca urge.

« En l’occurrence, ma doudou, on pourrait voter, mais ma voix compte double puisque j’ai l’autorité.
- Donc la démocratie, ça sert à rien ? »

Rhaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa.

« Tu veux bien qu’on en parle dans la voiture ? Et puis on va faire un truc : puisque ça vous embête tellement, en échange, on ira à la fête foraine dans l’après-midi. D’accord ? »

Pour le coup, même Robin a levé les yeux de sa DS qu’il a d’ailleurs refermée d’un coup sec.

« Maman, elles sont où mes chaussures ?
- Sous l’escalier mon cœur, ne puis-je m’empêcher de sourire, pas mécontente d’en avoir au moins récupéré un de mon côté.Alors Justine ?
- De toute façon j’ai pas le choix, hein ?
- Rhooo ! Ne me dis pas que tu n’as pas envie d’aller sur les manèges ?!
- Si mais…
- Tu vois, ça fait aussi partie de la démocratie : trouver un terrain d’entente quand on n’est pas d’accord.
- Fallait le dire tout de suite ! » dit-elle en conclusion avant de filer mettre son blouson.

Un brin soulagée d’avoir eu gain de cause facilement, je ne suis cependant pas loin de penser qu’avec ses réflexions du tac au tac, du haut de ses huit ans, ma gamine me laisse présager de sacrées discussions dans l’avenir… Faites des gosses qu’ils disaient…

par Ecriveuse publié dans : Mots d'enfants communauté : les auto-édités
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Vendredi 14 mars 2008
Qu’on se le dise : je n’aimais déjà pas Titeuf, que je trouvais complètement creux à la base, mais là, je pense (aie) pouvoir dire carrément que je le hais. Viscéralement. Autant que Mickey. Mais ça c’est une autre histoire.

Pourquoi, me demanderez-vous, étonnés de cette entrée en matière quelque peu extrême alors qu’en général je suis beaucoup plus souple ? J'y arrive:

Hier, alors que je zappais de blog en blog et de site en site, ma fille arrive dans la cuisine, cherchant manifestement comment me poser une question. Je la vois qui tourne autour de la table, et, étrangement, un signal d’alarme retentit dans mon neurone.

« Oui ma chérie ? Tu as un problème ?
-    Ce n’est pas vraiment un problème, mais il y a quelque chose que je ne comprends pas, répond-elle d’un air perplexe.
-    Si tu ne me dis pas ce que c’est, je ne peux pas deviner, ma belle. »

Elle tourne encore un peu et décide de se lancer :

« A quoi ça sert une maîtresse pour les parents ? »

Je vous passe l’air ahuri que j’ai dû avoir pendant de longues secondes. Mais vraiment ahuri. Plus que ça même.

« Hein, maman, à quoi ça sert ? répète-t-elle, sincèrement curieuse et ne voyant pas de réponse (et pour cause !) par elle-même (pourquoi c’est à moi qu’elle vient demander ça, alors qu’on est 2 parents…)(ouais bon, c’est peut-être parce que son père était au boulot).
-    Heu Juju, comment ça ?
-    Ben justement, je ne sais pas te l’expliquer (sans blague !).
-    Bon, dans quel contexte tu as entendu parler de maîtresse pour les parents ? (autant prendre les choses par le début, si ça se trouve, c’est pas du tout ce que je vais devoir lui expliquer)(avec un peu de chance)
-    Dans quel quoi ???
-    Pardon. Où tu as entendu parler de ça ? corrigé-je.
-    Oh ! Dans Titeuf…(ah ben alors, c’était bien ce que je craignais. En pire) »

Voilà pourquoi je hais Titeuf. Parce que d’abord c’est mal écrit, sous prétexte de faire sourire, et qu’en plus, ça fait s’interroger les gamins sur des trucs d’adultes. Ou au moins d’adolescents -_-‘.

Là, deux possibilités : soit j’invente une histoire abracadabrante et je préserve l’innocence de ma fille, soit je lui explique un minimum la vérité. Je choisis un juste milieu.

« En fait, en général on parle de maîtresse quand un homme aime une autre femme que la sienne. Ou en plus de la sienne (oui je sais, c’est vachement édulcoré dit comme ça. Mais je me voyais mal parler de choses plus concrètes…).
-    Ah.
-    Tu comprends ?
-    Heu… Je crois oui. C’est comme Laetitia ? »

Argh. Il faut vraiment qu’on arrête de croire que nos enfants ne nous entendent pas et qu’ils ne retiennent pas.

« Non ma chérie. Laetitia, c’était l’ancienne chérie de papa, il y a 10 ans. Et quand on est tombés amoureux papa et moi, ils n’étaient déjà plus ensemble.
-    Ils avaient divorcé ?
-    Ben non, ils n’étaient pas mariés. Ils ne s’aimaient plus, ça arrive.
-    Ah. (c’est fou ce que ma pipelette peut être laconique parfois)
-    C’est plus clair maintenant ?
-    Mais pourquoi on dit ‘maîtresse’ alors ? »

Reargh.

« Parce que peut-être que l’autre femme que le monsieur aime lui apprend des trucs. Ou lui réapprend (en disant ça, je suis certaine que ça va me revenir à la tronche façon boomerang).
-    Quel genre de trucs ? (qu’est-ce que je disais…)(non, je ne lui dirai pas que souvent, ils réapprennent le kama sutra…).
-    Tu es un peu petite encore pour tout comprendre ma doudou (si des psy me lisent, j’estime avoir raison de ne pas TOUT dire à mes enfants. Non mais !). Quand tu seras plus grande, tu comprendras mieux. Pour le moment, dis-toi simplement qu’une maîtresse pour les adultes, c’est une autre femme que la femme d’un monsieur.
-    D’accord Maman », termine Juju, a priori satisfaite par ma réponse.

Cela dit, j’ai eu du bol qu’elle ne me demande pas si Moma (sa grand-mère paternelle) était la maîtresse de Papa parce que son Papa l’aimait aussi. Encore que comme ma belle-mère était prof avant d’être à la retraite, j’aurais pu m’en sortir… Mais je suppose que pour Justine, ça n’aurait pas été super clair…

N’empêche, je hais Titeuf.
par Ecriveuse publié dans : Mots d'enfants communauté : LES COPAINS D'ABORD
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Jeudi 13 mars 2008
Après une nuit sans sommeil, forcément, la journée est difficile à tenir de bout en bout.

J’étais donc allongée au salon, légumant devant la télé en compagnie de ma fille qui elle, regardait un de ses dessins animés préférés, quand elle me tire de ma torpeur (ma fille, pas la télé) sans crier gare.

« Je sais comment je vais travailler quand je serai grande », annonce-t-elle.

Je me redresse tant bien que mal, pense à lui demander si c’est toujours faussaire qu’elle veut faire plus tard mais elle ne m’en laisse pas le temps :

« Je ferai un métier par jour toute la semaine.
-    Ca va faire beaucoup de choses ça, doudou (je crois mesurer alors le mauvais impact des mots qu’elle entend depuis 2007, particulièrement ‘travailler plus pour gagner plus’…)
-    Le lundi, je serai coiffeuse pour animaux (vont être ravis les animaux…). Le mardi, coiffeuse normale, pour les humains donc (la notion de normalité… Va falloir aussi qu’on parle de ça). Le mercredi, tatoueuse, mais pas avec des aiguilles, parce que je ne suis pas très bonne avec des aiguilles ( ??? Bordel, mais où a-t-elle déjà essayé ???) alors que je peins très bien. Je suis douée ! D’ailleurs, le jeudi, je ferai des tableaux, tu sais, de l’Art. Je serai comme une artiste donc.
-    (ouf, en fait il ne s’agit pas de travailler plus, mais juste qu’elle ne veut pas faire de choix…) Peintre ?
-    Oui, voilà, peintre, confirme-t-elle avec hauteur. Par contre, je ne sais pas ce que je ferai les 3 autres jours. Tu comprends, le problème, c’est que c’est un nombre de jours impair. »

Si je lui avoue que non, je ne comprends pas, ça ne va pas le faire. Vite, mon neurone s’agite et me fait remarquer :

« Pourquoi tu dis ça ? Le dimanche, on se repose non ?
-    Ben non, pas besoin du dimanche pour me reposer, je me reposerai les soirs. Par contre (comme son frère, ma Juju a des expressions ou des mots de prédilection : ‘Par contre’ en fait partie), comme je ne trouve pas ce que je pourrai encore faire comme autre métier, j’aurai ces métiers-là deux jours par semaine. Ou alors, je pourrai faire deux métiers dans la même journée, comme coiffeuse pour animaux le matin et pour humains l’après-midi… »

J’ai l’impression que je compte pour du beurre et qu’elle laisse aller sa réflexion plus pour elle que pour moi.

« En plus, continue-t-elle sur sa lancée, on a déjà tout prévu avec Léa.
-    Comment ça ?
-    Ben oui, on habitera ensemble de toute façon. Mais on aura chacune un lit, hein !
-    Pourquoi pas chacune une chambre ?
-    Parce qu’on sera dans un immeuble, voyons, Maman !
-    Et alors ? Vous pourriez avoir plusieurs pièces, même dans un immeuble. Et puis comment vous ferez si vous avez des chéris ? »

Ah, une chose de pas planifiée. Elle réfléchit quelques instants et me sourit :

« C’est simple : on mettra un matelas par terre.
-    Un seul ???
-    Ben un pour le chéri de Léa et un pour le mien. »

Ben voyons.

A l’heure où on parle de l’anniversaire de mai 68, ma fille découvre, sans le savoir, un principe communautaire qui, loin de me faire flipper, me fait rire. Décidément, ma gamine ne laisse pas de me surprendre…

D’un autre côté, il va se passer quelques années encore avant qu’elle ne soit prête à s’installer seule (ou avec Léa, ou qui que ce soit…). Je peux dormir sur mes deux oreilles.
par Ecriveuse publié dans : Mots d'enfants communauté : LES COPAINS D'ABORD
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Mardi 11 mars 2008
« Maman, je suis fier de toi. »

Mon fils de presque 5 ans me surprend parfois quant à l’emploi de certains mots et de certaines tournures. Et accessoirement du contexte dans lequel il utilise lesdits mots et tournures. Dans ce cas précis, j’étais simplement en train de lui faire enfiler son pyjama hier soir.

« Ah bon ? Tu es fier de moi ?
-    Ben oui ! répond-il dans un sourire charmeur (ce genre de sourire qui me laisse souvent craindre le pire…).
-    Et pourquoi tu es fier de moi ?
-    J’ai fait un beau dessin, hein oui Maman ?
-    Heu… Où ça, à l’école ?
-    Ben oui. En fait (nous y revoilà, ses deux mots de prédilection), j’avais pas envie.
-    Tu n’avais pas envie de quoi mon cœur ?
-    En fait (sic), j’avais pas envie d’aller à l’école.
-    Pourquoi ? Tu as joué avec tes copains non ?
-    Ben oui ! (après le « en fait », il y a le « ben oui »)
-    C’est pour ça que c’est bien d’aller à l’école : tu apprends plein de choses et tu joues avec tes copains.
-    Tu as bien raison, Maman (et la troisième position des mots les plus employés par mon monstre revient à « tu as bien raison »).
-    Alors, pourquoi tu es fier de moi ? Tu ne me l’as pas dit.
-    Parce que j’ai fait un beau dessin.
-    Ah… Je vois. Oui, mon cœur, je suis fière de toi (erf, au temps pour la flatterie qui n’en était pas une). Allez, c’est l’heure d’éteindre et de faire un gros dodo !
-    Un bisou, un calin, et une caresse, Maman !
-    Mais oui, je n’oublie jamais, tu le sais ! »

Dont acte. Après le bisou, le câlin et la caresse, au moment où j’allais fermer la porte, je l’entends encore me dire, dans un demi-sommeil :

« En fait, c’est Valère qui a fait le dessin. »

Je reste quelques secondes à la porte, essayant de faire réagir mon neurone, mais polope, rien ne vient à part une « bonne nuit mon petit amour ». Pourtant je sais que parfois, c’est difficile de comprendre ce qu’il veut dire. En l’occurrence, là, je croyais qu’il me demandait si moi, j’étais fière de lui…

Au final, j’me demande s’il veut que je sois aussi fière de son copain.

C’est pas simple d’être Maman.

Surtout quand on est blonde dedans…
par Ecriveuse publié dans : Mots d'enfants communauté : les auto-édités
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Jeudi 6 mars 2008
« Maman, allez, je vais être en retard à mon cours de théâtre ! »

Ma fille qui me rappelle à l’ordre, non mais des fois !

Oui, bon, elle n’a pas tort puisque, généralement, nous ne sommes pas en avance. Mais quoi, le cours commence à 17h30, c’est-à-dire dans… Heu il y a une minute. Ok, chaussures mises à Robin, Justine prête, le petit monde en voiture, attaché, et ça roule. Je ne m’inquiète pas outre mesure, la salle de répétition est à moins de 4 minutes de trajet. Et puis, sur un autre fuseau horaire, on est en avance finalement. Einstein avait raison, tout est relatif.

« Maman, tu sais où c’est le théâtre ? me demande Robin, tandis que Juju peste en marmonnant tout bas (comme si je ne l’entendais pas… Tsss).
-    Bien sûr mon cœur, c’est là où nous avons fait notre réunion publique hier soir.
-    Ah bon ? sursaute ma fille, tirée soudain de sa marmonnitude.
-    Oui, c’était à la salle des fêtes.
-    C’était quoi comme réunion ?
-    Tu sais, pour la même chose que j’ai distribué des tracts ces dernières semaines.
-    Ah oui, rétorque ma fille d’un air important. Des tracts zélectoraux. C’est Charlène qui me l’a dit que ça s’appelait ‘zélectoraux’. »

Je souris dans la barbe que je n’ai pas, tant pour le ‘z’ que pour la fierté de ma gamine.

« Absolument, des tracts électoraux. Enfin, des communiqués plutôt. Mais c’est pareil.
-    Tu sais ce qu’elle a dit aussi ?
-    Je t’écoute.
-    Oh ! Maman, on a mangé des frites et du poulet à la cantine aujourd’hui. J’ai tellement trop aimé que j’ai tout mangé ! la coupe le petit.
-    Mais heu ! Robin ! On ne coupe pas la parole aux plus grands (décidément, va falloir que je fasse gaffe quand je parle devant mes mômes. J’ai l’impression de m’entendre…).
-    Ben quoi, c’est vrai ! insiste le schtroumpf.
-    Robin, c’est bien que tu aies tout mangé (des frites et du poulet, tu m’étonnes qu’il ait mangé !), mais laisse parler ta sœur.
-    Justement, Maman, reprend Juju en rigolant, Charlène, elle a dit que c’était des frites zélectoraux ! »

Les deux derrière éclatent de rire. Je me joins à eux de bon cœur, tout en me posant la question de savoir si quelque part, Charlène n’a pas visé juste… Parce que je ne connais pas grand chose d’autre pour réunir la quasi unanimité des suffrages enfantins que les frites et le poulet. Si la semaine prochaine, à la cantine, c’est purée/ jambon, je saurais que Charlène est une visionnaire en herbe…
par Ecriveuse publié dans : Mots d'enfants communauté : LES COPAINS D'ABORD
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Mercredi 27 février 2008
Quand j’étais enfant, avant-hier donc, je n’avais pas de cours de morale, de civisme, ou de politesse. En tout cas, pas à l’école.

En effet, à cette époque, l’institutrice s’évertuait à nous enseigner les bases nécessaires pour savoir lire, écrire, compter, ainsi que de solides notions d’histoire, de géographie, d’éveil (en l’occurrence, de biologie au sens large du terme). Ajoutez à cela quelques heures de sport, et vous obtenez des gamins qui arrivaient en 6ème avec ce qui leur fallait de notions et d’acquis.

Cerise sur le gâteau, quand l’instit punissait, jamais, ô grand jamais, je n’ai vu un parent venir demander des comptes, en victimisant son petit si injustement réprimandé. Et même, en ce qui me concerne, si j’avais une punition, mes parents la doublaient (enfin, quand il s’agissait d’une leçon non apprise…).

Les notions de civisme, de respect, de politesse, de morale, étaient dévolues aux parents, à la famille, à l’entourage. En toute logique…

Aujourd’hui, en primaire, on nous explique que l’on va diminuer le nombre d’heures de cours, pour que les enfants n’aient plus d’école le samedi matin, mais qu’on va instaurer des cours de civisme (qui, il me semble, existent déjà, mais comme je ne suis plus à l’école depuis avant-hier, je ne les cible pas très bien) et augmenter le nombre d’heures de sport. Avec un programme toujours aussi conséquent, et donc moins d’heures pour le faire entrer dans nos chères têtes blondes (et brunes et rousses). Sic.

Indépendamment du fait que je ne sais pas du tout comment ils vont réussir ce tour de force, à savoir enseigner plus pour apprendre plus (ça me rappelle quelque chose) mais en moins de temps, et alors qu’on constate depuis longtemps un nombre effarant d’enfants qui arrivent en 6ème en ne sachant pas lire, je n’ose pas imaginer les cours de morale, respect, politesse, etc.

« Juju, dis-moi comment il faut se comporter avec les autres.
-    Il faut être gentil.
-    Mais encore ? Que devons-nous faire dans le cas où quelqu’un n’est pas d’accord avec nous ?
-    Lui dire « casse-toi pauvre con ».
-    Justine ! Mais enfin, pas du tout !
-    Ben si, c’est même le président qui l’a dit !
-    Le président est un homme avant tout. Il a parfois des moments d’humeur, et en faisant ça, c’est surtout pour vous montrer à vous, les enfants, ce qu’il ne faut surtout pas faire.
-    Ah ? Il ne faut pas être président alors ?
-    Non, ce n’est pas ce que j’ai voulu dire… Simplement, il faut toujours rester poli. L’agressivité gratuite ne sert à rien, sinon à baisser dans les sondages.
-    A quoi ?
-    Heu non, pardon, je me parlais toute seule. Par exemple, en répondant avec humour, on peut faire en sorte que le respect de réinstaure et au moins passer pour quelqu’un d’intéressant. Ainsi, il aurait pu répondre ‘Enchanté, moi c’est Sarko’. A ton tour, trouve un exemple de politesse pour répondre.
-    Heu… ‘casse-toi pauvre con, s’il te plaît’ ? »

Je vous le dis, ces cours-là, c’est pas gagné…
par Ecriveuse publié dans : Mots d'enfants communauté : Les Blogs Sarkostique
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