Vendredi 15 février 2008
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Quel auteur n’a jamais rêvé d’être édité un jour ?
Après tout, l’écriture est surtout, comme toute activité créatrice, la preuve d’un Ego terrible… Et je n’échappe pas à la règle. Loin s’en faut.
Sauf que je n’avais jamais réussi à finaliser quoique ce soit, alors même que j’ai bien dû commencer une cinquantaine d’ouvrages.
Il y a deux ans, en errant sur la blogosphère, j’ai rédigé une série de nouvelles, qui, au final, ont représenté un court roman humoristique, « l’Arc d’Eros
» et, dans un autre style, un recueil de textes en vers « Adultescence ».
Très fière de moi d’avoir enfin réussi quelque chose qui me tenait tant à cœur, j’ai donc envoyé une quinzaine d’exemplaires de chaque ouvrage à autant de
maisons d’édition. C’est là que ça devient du sport et la partie, finalement, la plus difficile à gérer.
Le premier retour fut magistral. Je n’avais jamais lu autant de compliments en si peu de phrases. Le genre de fiche de lecture qui laisse penser à votre Ego
que oui, vous êtes bien le Baudelaire du 21ème siècle et qu’il était temps de le faire savoir au monde ! (non non, je n’exagère pas : dès que je remets la main sur la fiche en question, je vous
la mets en ligne.)
Dans le même courrier, un contrat joint. Je ne reviens pas que ce soit si facile, et m’empresse de lire le contrat. Evidemment que c’est facile. On me
demande la modique somme de 2600 € pour « participation de l’auteur ». La désillusion est aussi fulgurante que l’a été la caresse d’Ego…
Le lendemain, rebelote, avec une autre de ces maisons es-croqueuse de rêve. Pour un montant un peu moindre, certes. Mais 2000 € quand même.
Je m’arme donc de ma plus belle plume pour faire des réponses à la hauteur de mon agacement. En gros, je leur dis que non, je ne suis pas intéressée et
qu’une maison d’édition digne de ce nom choisit de prendre le risque de publier un nouvel auteur, ou pas, mais ne lui demande pas une contre partie financière. Et j’envoie.
J’en parle avec des amis libraires qui me confortent dans ma réaction et qui m’explique même le piège grossier : la plupart de ces sociétés, si elles
impriment bel et bien les 2000 exemplaires prévus dans le contrat, les proposent rarement aux librairies, et ne font pas de promotion. En gros, donc, les auteurs payent pour imprimer leurs
livres. A choisir, je préfère encore faire imprimer mon livre complètement à compte d’auteur…
En réponse à ma réponse (vous suivez ?), je reçois deux coups de téléphone. Soit-disant, les responsables éditoriaux, ou quelque chose du genre. Leurs
propositions étaient pour l’un, de me dire que la direction s’était réunie et avait statué sur deux auteurs (dont moi…), et qu’ils étaient prêts à réduire ma participation de 2600 € à 1800 €. Le
second, lui, me proposait de me mettre en dépôt 200 livres, et de les vendre moi-même, ce qui ferait que je n’aurais rien à débourser. Mais que je perdais mes droits d’auteur sur ces 200
ouvrages…
Je les ai bottés en touche, en me disant que décidément, ils commençaient à me les briser menu…
Bref.
Les maisons d’éditions traditionnelles, m’ont courtoisement renvoyé mon manuscrit, parce que pas intéressées. Au moins, c’était clair. Ce que j’ai trouvé
dommage, c’est que je n’ai pas eu d’avis de leur part, ou de motivation du pourquoi, ils n’étaient pas intéressés. C’est de ça dont j’aurais eu besoin…
Demain, je vous ferai par de ce que je pense des éditions en ligne. Et ça ne va pas plaire…
Promis, demain je vous livrerai un ressenti brut de pomme. Quitte à me faire allumer d'ailleurs...