Desproges me manque...

Publié le par Ecriveuse

Françaises, Fançais,
Belges, Belges,
Public chéri mon amour,

Puisque je me sens en verve aujourd’hui (et non pas en verge)(merci), je vais donc m’employer à bafouiller quelques mots qui n’arriveront jamais à la cheville de l’auteur extraordinaire, truculent, dithyrambique, railleur, cynique, grivois, provocateur, gouailleur, anti-conformiste, dégagé (d’après ses propres dires, il était le contraire d’un artiste engagé, il était un artiste dégagé) qu’était Pierre Desproges. Étrangement, je manque de mots, d’adjectifs, de qualificatifs pour montrer à quel point je suis une fan inconditionnelle (faut-il encore préciser qu’inconditionnelle n’est pas un gros mot malgré le con qui s’y est glissé ?).

Le grand Pierre est né en 1939, à Pantin. Je pouffe. Et je pouffe parce que s’il y a un humoriste français qui n’était pas un pantin, c’était bien lui !

En feuilletant virtuellement mon amie Wikipédia, quelle ne fut pas ma surprise de constater qu’il avait écrit pour le journal « l’Aurore » ! Suprise rassurante toutefois puiqu’il ne s’agissait pas du mauvais Aurore mais d’un autre, créé pendant la seconde guerre mondiale… Ouf. J’ai eu chaud.

Il s’est fait remarquer ensuite dans l’éternelle émission de Jacques Martin, le petit rapporteur, aux côtés du toujours vivant Daniel Prévot, pour l’humour noir et le cynisme dont ils faisaient preuve. Il a même participé à Charlie Hebdo, avec ses brèves ‘les étrangers sont nuls’ (quand je pense qu’aujourd’hui, le même journal a été attaqué pour des histoires de dessins griffonnés, je me dis que Desproges doit se retourner dans sa tombe, et que si ce n’était pas déjà le cas, il en serait mort. De rire.)

Personnellement, du fait de mon âge canonique, et pour les avoir suivis en direct live (excusez du peu !) même si évidemment je ne comprenais pas toujours tout (à l’époque, mon âge n’étant pas encore canonique), j’ai retenu surtout deux ‘séries’ qui, au fil du temps, sont devenues des modèles : le tribunal des flagrants délires et la minute nécessaire de Monsieur Cyclopède qui, selon ses propres mots, divisa la France en deux : « Les imbéciles qui aiment et les imbéciles qui n'aiment pas. ».   

En grandissant, je me suis procuré les livres parus, et j’ai gardé longtemps comme la plus vraie des appellations de notre temps ses ‘chroniques de la haine ordinaire’ parce que la haine ordinaire, c’est justement ce qui nous pollue tous, et tous les jours… (mais c’est un autre débat)

Il est mort en 1988, d’un cancer, de ce cancer qui faisait que ses sketches sur la maladie étaient, à mon sens, inattaquables, puisque lui en souffrait et que c’était de notoriété publique (un peu comme le fait que les blagues juives racontées par un juif, bizarrement, passent mieux que racontées par un non-juif, ou qu’une blague de blonde racontée par une blonde… Encore que dans ce cas précis, pour la blonde, ce n’est pas forcément une blague… Mais je m’égare)

Bref.

Quelques citations qui parleront mieux que moi :
Dieu merci, quand on se contente de penser au lieu d'écrire, on a parfaitement le droit de sauter du coq à l'âne, sans s'attirer des remarques désobligeantes.J'aurais dû être dérouleur de pensées plutôt qu'écriveur de bouquins. (Fonds de tiroir)

Peut-on appeler "écrire" n'importe quelle tentative de représentation d'une ébauche de pensée par le biais de symboles graphiques incohérents couchés dans le désordre au mépris total de la grammaire, de la syntaxe, de l'orthographe et du souvenir de mon aïeule Germaine Philippin, institutrice de l'époque missionnaire, qu'une cédille oubliée décourageait aux larmes. (Chroniques de la haine ordinaire)

Le lion est un gros con lâche et couard. (…)La plupart du temps, le lion ne chasse pas lui-même. Il n’a pas que ça à faire. Il dort. Il laisse à sa femelle le soin de chasser à sa place, ou bien il se planque derrière elle pour ne pas prendre un mauvais coup de patte de gnou dans ses nobles couilles royales.(Fonds de tiroir)

Les animaux sont moins intolérants que nous : un cochon affamé mangera du musulman.
(Chroniques de la haine ordinaire)

La naïveté grotesque des enfants fait peine à voir, surtout si l’on veut bien la comparer à la maturité sereine qui caractérise les adultes. Par exemple, l’enfant croit au Père Noël. L’adulte non. L’adulte ne croit pas au Père Noël. Il vote.(Manuel de savoir vivre à l’usage des rustres et des malpolis)

Les enfants ne sont ni des hommes ni des animaux. On peut dire qu’ils se situent entre les hommes et les animaux. Observons un homme occupé à donner des coups de ceinture à une petite chienne cocker marrante comme une boule de duvet avec des yeux très émouvants. Si un enfant vient à passer, il se met aussitôt entre l’homme et l’animal. C’est bien ce que je disais. (Chroniques de la haine ordinaire)

Je pourrais disserter encore, mais franchement, je vous invite à passer sur wikipedia et à pouffer au travers de ses bons mots, noirs ou blancs :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Desproges
http://www.desproges.fr/

Étonnant non ?

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ecriveuse 13/01/2008 12:47

Emilianon, la qualité de l'humour d'un Desproges trouvera toujours preneur, j'en suis convaincue (oui en un seul mot ^^)
Prends tout ton temps, et passe quand tu veux, la porte est grande ouverte :)

Emiliano, Pancho & Cie. 13/01/2008 02:11

par les temps qui courrent, (ou qui courent, merde je me goure toujours!) il nous faudrait un,deux mille Desproges. mais par les temps qui courent (donc!)l'humour de Desproges n'a plus cours.
par ailleurs ton site et tes nouvelles ont l'air à lire. mais je le ferais demain, ce soir je vais dormir!

ecriveuse 11/01/2008 12:57

C'est trop dur pour moi aussi d'avoir son humour. C'est pourquoi je me contente de le citer ^^

dali 11/01/2008 11:47

j'aime bcp desprosges, au point que j'esaye d'imiter son humour, imiter seulement car bien entendu il est inimitable ! ( et moi je ne suis QUE dali lol)