l'Ensorceleuse et le Voyageur (suite)

Publié le par Ecriveuse

Le Voyageur.

Il était de ceux d’en bas.

Un homme parmi les hommes. Mais un homme rêveur dont les yeux bleus comme le ciel reflétaient l’âme généreuse. Et il passait sa vie à rêver. Son sourire, son esprit de synthèse et d’analyse, son sens mystique profondément ancrés en lui, lui permettaient d’avancer dans la vie.

Il essaya de se soumettre au moule des bien pensants, il vivait sa vie comme un spectateur et non comme un acteur, en sentant sans en avoir conscience que ce n’était pas ce pour quoi il était venu en ce monde.

Adolescent, il croisa le chemin d’une autre ado. A peine la vit-il qu’il en tomba sur le champs amoureux, de manière irréversible. Mais la belle ne se rendit compte de rien. Lui, étouffé par sa timidité n’osa pas lui offrir cet amour lumineux comme cent soleils coalisés et se contenta de la regarder grandir, évoluer,  se renfermer aussi, de plus en plus jusqu’à disparaître de temps en temps pour revenir toujours égale à l’image qu’il en avait, un oiseau bleu épris de liberté mais dont la joie de vivre et l’éclat s’éteignaient inexorablement.

Puis un jour, ce fut le silence.

Il revint à sa vie à lui, mit en sommeil cet Amour impossible, parvint à canaliser ses différences aux yeux des autres et connut même une jolie histoire d’amour qui dura quelques années.

Mais chassez le naturel, il revient au galop !

Il savait qu’une Ensorceleuse vivait à l’écart et surtout, savait qui elle était…

Un soir, il prit donc la route jusqu’à la grotte et sans un regard pour ceux qui attendaient, il frappa.

Les autres le regardèrent, interdits, qu’il ose ce que beaucoup auraient aimé faire mais aucun ne fit la moindre réflexion.


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La Rencontre.

Murée dans ses pensées, l’Ensorceleuse sursauta en entendant le bruit incongru de quelqu’un qui demandait l’entrée dans sa grotte. Mécontente d’être ainsi tirée de ses douces rêveries, elle fit d’abord la sourde oreille. Mais les coups frappés au début de manière discrète, se firent insistants et plus bruyants. A regrets, elle se leva pour renvoyer l’intrus d’où il venait.

Lorsqu’elle ouvrit, quelle ne fut pas sa surprise de se trouver en face de son Ami d’enfance, qu’elle n’avait pas revu depuis des lustres ! Son sourire éclata, remonta jusqu’à ses yeux y faisant danser une flamme de malice toute enfantine et elle le pria d’entrer.

Ils parlèrent toute la nuit. La magie les enveloppa de son aura. Toute Ensorceleuse qu’elle fut, elle se laissa bercer par l’instant présent, savourant la présence et l’échange intellectuel de l’Ami revenu.

Le Voyageur, toute sa timidité retrouvée devant elle, se contenta de savourer également les retrouvailles, remettant à un autre jour l’aveu qui lui brûlait les lèvres.

Le jour se levait lorsqu’il redescendit dans sa vie, promettant de revenir bientôt.

En fait de bientôt, ce fut tous les soirs qu’il revint à la grotte. Et tous les soirs, pendant des mois, il la voyait telle qu’elle avait toujours été dans ses souvenirs.


(suite demain)

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