[Roman] La prophétie d'Aramno - Prologue

Publié le par Ecriveuse

 

 

La Porte se troubla soudain pendant quelques secondes avant de reprendre son apparence réelle : un arbre pluriséculaire majestueux, dont la cime se perdait dans les nuages, au milieu de la forêt du Sanctuaire. Les cinq formes indistinctes qui avaient commencé à se matérialiser dans le même temps s’évaporèrent.

 

Le Futur Vénérable, qui palliait à l’absence d’Anaël, le Maître Gardien atteint d’une grippe le clouant au lit pour quelques jours, fronça les sourcils : ce n’était pas encore le moment. Il s’en fallait de plusieurs mois.

 

Elle connaissait la Prophétie qui annonçait un bouleversement sans précédent, sans que l’on pusse déjà déterminer si ce bouleversement serait bon ou mauvais. La Porte en était le passage. A sa connaissance, c’était la première fois, depuis plus de sept siècles, que la chose se produisait.

Une image inattendue la fit sourire : ça avait été comme si quelqu’un avait frappé et attendu qu’on l’autorisât à entrer.

Elle attendit encore quelques instants puis secoua la tête : depuis le temps qu’elle attendait que la Prophétie se réalise, elle avait dû rêver. Elle revint à sa formation qui ne s’achèverait que dans une dizaine d’années, lorsqu’elle succèderait à un ami qui lui était cher. Une dizaine d’années, alors que sa formation avait commencé depuis plus de vingt ans.

 

Elle avait beaucoup appris : son don inné d’Empathie lui avait permis une compréhension fulgurante de ce qu’on attendait d’elle. Depuis, elle maniait aussi bien les pouvoirs mineurs comme la Télépathie que les soins à apporter à ses pairs, ou encore la communication avec les Elémentaux, même si, pour ces derniers, elle évitait soigneusement d’y avoir recours : question d’équilibre et de respect des cycles naturels.

 

En évoquant les Elémentaux, elle n’était même plus certaine d’avoir vu les cinq formes commencer à se matérialiser. Elle savait par l’Honorable que lorsque la Porte s’ouvrirait, les Cinq viendraient également accueillir celui ou celle par qui la Prophétie devait s’accomplir. Elle ne les redoutait pas. Ou plutôt, elle n’avait pas de raison de les craindre : elle avait toujours observé avec la plus parfaite rigueur les règles incontournables de l’Ordre qui prévoyaient de ne pas interférer avec eux, sauf cas de force majeure ou à moins qu’eux-mêmes ne sollicitent les Initiés. Ce qui n’était jamais arrivé, à l’exception de sa période obligatoire d’apprentissage.

Elle devait néanmoins parler avec Orsil et Elhian de ce qu’elle avait peut-être vu. Au risque de se voir rire au nez…

 

Puis elle se replongea dans ses ouvrages. A l’heure actuelle, elle en était au plus difficile des pouvoirs à acquérir : le dernier degré de la Divination, la Clairvoyance.

     A la réflexion, dix ans ne seraient probablement pas de trop pour le maîtriser…

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