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Préambul(l)e (de savon)

Ecriveuse parce que je ne parviens pas à me considérer écrivain mais que je suis une obsédée textuelle.

L'unique prétention de ce blog, c'est de partager mes sourires, mes billets d'humeur parfois cyniques, mes nouvelles, mes textes en vers, ma prose quotidienne. Un vaste fourre-tout en fait.  Un ou deux bémols toutefois:  j'exècre, pardon, je méprise le langage SMSesque presqu'autant que l'intolérance, le fascisme, la vulgarité et la  bêtise . 
Ah, et tant que j'y suis, j'ai un Ego démesuré, parce que je sais ce que je vaux et que je le vaux bien *mouvement de cheveux* malgré une mémoire de poisson rouge, blond et amnésique...

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Un exemple de nouvelle: Welcome to Sarkosie Land! (lisez, vous comprendrez pourquoi c'est écrit comme ça...)

Vous êtes prévenus  ;)
Mercredi 7 mai 2008

Je vous ai abandonnés lâchement ces dernières semaines et la blogosphère me manque étrangement.

En même temps, à ma décharge, j'avoue que je ne vois pas le temps passer!

Pour recommencer en douceur, une énième anecdote avec un de mes monstres, en attendant que je finisse la nouvelle sur les mondes oubliés... Et vous? la forme? :)

« Allez, Maman, je veux que tu m’habilles ! », tempête mon fils pour la dixième fois en 5 secondes. Je reste zen (en même temps, 5 secondes, je peux encore ne pas hurler…), et lui réponds invariablement :

« Robin, je t’ai dit que d’abord, je bois mon café, et qu’après, promis, je t’habille. »

Evidemment, ça ne lui convient pas. Mon monstre a beaucoup de qualités (forcément, c’est MON fils) mais la patience, malheureusement, n’en fait pas partie…

« Mais allez Maman, je veux que tu m’habilles ! »

Là, mes 5 secondes de zénitude sont arrivées à expiration et l’énervement point doucement dans mon début de réponse :

« Robin, je commence à en avoir assez… »

Il ne me laisse pas finir, et passe de l’exigence à un immense sourire :

« Cassée ! Je t’ai cassée ! Tu m’as cru ! » et il se sauve.

C’est sa dernière trouvaille pour désamorcer une dispute : il réclame, exige, veut, et si au bout d’un moment, il se rend compte qu’il ne va rien gagner, il fait volte-face dans son attitude et sourit comme s’il avait fait une bonne blague.
 
Indépendamment du fait qu’il n’ait que 5 ans, qu’il n’a pas plus vu Brice de Nice que moi, je reste un instant perplexe.

« Robin, viens voir ici s’il te plaît !
- Oui Maman, tu as fini ton café ?
- Non, pas tout à fait, mais je voudrais que tu m’expliques qui t’a appris ‘Cassé’.
- Ben c’est Justine !
- Ah je vois…
- Tu as fini maintenant ? »

J’avale ma dernière gorgée de café.

« Oui, maintenant j’ai fini, tu vas pouvoir sortir jouer dehors avec tes copains.
- C’est vrai ? » demande-t-il avec des étoiles plein les yeux.

Je ne sais pas ce qui m’a pris à ce moment-là mais je lui réponds :

« Cassé ! Tu m’as crue ! Je vais d’abord me resservir une tasse… »

Moi ? Mère indigne ? Meuh non.

Bon d’accord, en fait je me suis bien resservi une tasse, mais avant de la boire, je l’ai habillé…

par Ecriveuse publié dans : Mots d'enfants communauté : LES COPAINS D'ABORD
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Mardi 8 avril 2008

La notion philosophique « Deviens qui tu es » m’a toujours interpelée, sans pour autant me paraître d’une clarté absolue.


Il y a quelques jours, une amie racontait une petite histoire :

 


Un sulpteur finit de travailler son bloc de pierre. Un petit garçon passant devant lui, s’arrête et le regarde travailler. Au bout d’un moment, il lui demande, perplexe : « Comment tu as su qu’il y avait un cheval dans la pierre ? »


Cette anecdote, sans doute vraie, m’a parue, pour le coup, nettement plus limpide que la notion dont je fais état en préambule. Pourtant, les mots « Deviens qui tu es » sont simples. Mais englobent trop de choses, de symboles, pour pouvoir être approchés de manière simple et satisfaisante.

 


Je me sens souvent comme ce bloc de pierre : comme si, au fond de moi, quelque chose ne demandait qu’à se manifester, qu’à exister, sans pour autant que je parvienne à le faire émerger. Et puis, parfois, il y a ces petits éclairages, ces petites choses, qui nous font prendre conscience, peu à peu, qu’on est sur le bon chemin. Bon chemin en ce sens qu’il s’agit du nôtre… Et que quoiqu’il arrive sur ce chemin, c’est aussi ce que nous voulons, devons, désirons y trouver. Et c’est à la fois par l’entourage extérieur, et par notre volonté propre, que nous évoluons, dans un sens ou dans un autre. Tout s’imbrique comme un puzzle, les pièces ne manquent jamais. De temps en temps, elles sont juste dissimulées, le temps que nous puissions nous en servir…

 

par Ecriveuse publié dans : humeur communauté : les auto-édités
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Samedi 5 avril 2008

Débordée, oui, mais je pense à vous et je passerai demain en soirée rattrapper mon retard de lecture chez vous. D'autant que demain après-midi, je vais déclamer, ou tenter de déclamer deux de mes textes en public, pour la première fois, dans le cadre du Printemps des Poêtes. Le thème est 'l'Alter Ego'. Un des deux textes est déjà en ligne: 'Vous et Moi'. Le second, je vous le livrerai demain! Bon we à tous et à très très vite.

Jaune comme l’or de son soleil,
Vert comme l’espoir qui veille,
Blanc comme la pureté de l’Ange,
Rouge comme son vin qu’on échange…


Je suis fille castillane,
D’une génération déracinée,
Non de naissance, c’est vrai,
Mais par ma famille d’Espagne…


Bleu comme la sagesse acquise
Blanc comme la sérénité comprise
Rouge comme une passion qui grise…


Je suis née sur le sol français,
Berceau des droits de l’homme,
Pays de Molière et de Beaumarchais
Malmené pourtant ad nauseum…


Deux drapeaux pour mon corps et mon âme,
Riojana et Lorraine, je suis avant tout une femme,
Qui ne choisira jamais entre la terre et le sang,
Puisque les deux cohabitent passionnément…

par Ecriveuse publié dans : Bribes en vers communauté : L'âme du poète
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Mardi 1 avril 2008

8h10 du matin. Les enfants sont habillés, prêts à être déposés à l’école.
 

C’est évidemment le moment que choisit Justine pour me demander un truc.

« Maman, qu’est-ce que je pourrais vendre dehors ? »

Un peu interloquée, je fais comme les mômes et réponds :

« Pourquoi ???
- Ben pour avoir des sous !
- M’enfin Juju, pourquoi tu as besoin de sous ?
- Comme ça, quand il faudra ramener des sous à l’école pour quand on va au cinéma ou au théâtre, ou pour autre chose, ben j’aurais pas besoin de te demander à toi ! »

C’est vrai qu’en ce moment, c’est un peu raide côté rentrées d’argent, mais nous ne sommes pas les seuls à vivre avec un salaire pour 4. D’un autre côté, ces derniers temps, les enfants parlent beaucoup d’acheter (jouets pour eux, pour le chat, certains produits alimentaires de marque 4 fois plus chers que les autres pour le même genre et le même goût, etc.) et que souvent je leur explique que non, on ne peut pas toujours acheter tout et n’importe quoi, et qu’il faut faire attention à ne pas dépenser plus que ce qu’on a… D’autant, bien entendu, qu’ils ne manquent de rien !

« Juju, ça c’est le rôle des parents de s’en occuper. Pas des enfants !
- Oui mais je pourrais vendre des lapins, hein ? Heu, ajoute-t-elle en voyant mon air étonné, pas des vrais non plus ! Des faux, continue-t-elle en ajoutant le geste à la parole et en me montrant un hypothétique livre qu’on ouvre (ce qui, entre nous, ne me fait pas plus faire le lien avec un lapin).
- Tu as parfois des idées étranges, ma doudou… De toute façon, en général, les enfants ne vendent pas quelque chose. En plus, en France, et heureusement, il est interdit de faire travailler les enfants.
- Ah. Mais hier tu m’as dit que dans certains pays, ils étaient obligés de travailler, les enfants.
- Oui, justement, tu te souviens, on parlait d’alphabétisation, parce qu’il y a des adultes qui ne savent ni lire ni écrire, parce qu’ils ne sont pas allés à l’école. Et je t’ai expliqué aussi que dans certains pays, des enfants de ton âge travaillent dans des mines, ou dans des usines, et qu’ils fabriquent des jouets par exemple pour que les enfants d’ici puissent en acheter alors qu’eux-mêmes n’en auront probablement jamais… (oui, je sais, je me suis un peu laissée déborder, et peut-être que pour une fillette de 8 ans, ce n’est pas simple à appréhender…)
- Oh, ça je sais ! D’ailleurs, avec Léa, quand on sera grandes (ah tiens, ça faisait longtemps !), ben on ira leur donner nos vieux jouets qui seront encore en bon état !
- C’est gentil ça. Mais il existe déjà des endroits où on peut donner des jouets pour les enfants d’ici qui ne peuvent pas en avoir parce que leurs parents ne gagnent pas assez d’argent.
- Donc leurs enfants travaillent aussi pour les aider ?
- Non Doudou ! Ici, je t’ai dit que le travail des enfants est absolument interdit ! Il faut qu’ils aillent à l’école, pour apprendre, et pouvoir faire un métier qui leur plaît plus tard.
- Ah… Donc je ne pourrais rien vendre ?
- Juju, quand vous serez plus grands, nous vous donnerons ce qu’on appelle de l’argent de poche à toi et à ton frère. Comme ça, vous en ferez ce que vous voudrez.
- Ben Clémence elle a eu un vrai billet de 10 euros à son anniversaire… »

D’accord. Là, je vois un peu mieux le pourquoi de la question initiale.

« Et donc, tu en voudrais aussi ?
- Ben je sais pas.
- Franchement, ma chérie, tu en ferais quoi ?
- Je ne sais pas… Mais je pourrais vous le donner à Papa et toi… »

Je souris et l’embrasse sur le front :

« Ne t’inquiète pas ma belle, tout va bien : il faut simplement faire attention à ne pas dépenser pour n’importe quoi, mais l’essentiel, c’est que l’argent qu’on a nous permet d’avoir une maison, de quoi manger, et de quoi s’habiller ! Et de temps en temps, pouvoir s’acheter quelque chose dont on a vraiment envie. Pour le plaisir. Tu comprends ?
- Oui Maman. Je crois.
- Donc, vraiment, il ne faut pas t’inquiéter, d’accord ?
- Oui, d’accord… Mais je trouvais que c’était une bonne idée.
- Hé bien plus tard, quand tu auras quelques années de plus, pour avoir un peu d’argent à toi si l’argent de poche ne te suffit pas, il te suffira par exemple de garder des enfants quand leurs parents sortent. C’est ce que j’ai fait moi, à partir de l’âge de 13 ans. Pour le moment, tu es un peu petite encore mais ça viendra vite !
- Et tu me laisseras faire ?
- Evidemment, voyons ! Allez, en route, c’est l’heure ! »

Je crois qu’il est inutile de leur dire pour le moment qu’ils ont chacun un petit compte en banque, ouvert à leur naissance, qui augmente tout doucement tous les mois…


Tout comme il est inutile de lui raconter que quand moi j’avais 10 ans, avec ma sœur de 7, nous avions volé un pot de boutons appartenant à ma mère (qui en avait une collection impressionnante et qui trouvait toujours celui qui convenait sur une chemise ou un pantalon) et nous avions frappé à la porte de tous  nos voisins pour les vendre, un par un, évidemment. Ca a plutôt bien marché, jusqu’au moment où, une heure plus tard, ma mère s’en est rendue compte et nous a obligées à rembourser tous nos voisins…


Cela dit, je l’ai toujours su, mais ma gosse a un cœur en or massif…

par Ecriveuse publié dans : Mots d'enfants communauté : LES COPAINS D'ABORD
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Vendredi 28 mars 2008

Alors que je suis en train de mettre un de mes textes en forme, mon fils arrive comme un boulet de canon dans la cuisine.

« MAAAAAAAAAMAAAAAAAAAN !!! »

Comme d’hab, je manque d’avoir une attaque.

« Robin, arrête de hurler !
- En fait je veux juste du ‘jus pomme’… ‘Si te plé’ Mamanchériedamourquejaime, ajoute-t-il d’un trait devant mon air sévère.
- D’accord, donne-moi ton verre.
- Qu’est-ce que tu fais sur ton ordinateur ?
- Je mets en italique.
- C’est comme la mécanique. Sauf que c’est italien. »

Houlà. Robin prend parfois des raccourcis que j’ai du mal à suivre. Heureusement que j’y suis habituée… Vous non, et ça m’amuse beaucoup !

« Mon cœur, l’italien, c’est une langue, comme le français. Par exemple, ‘Ti amo’, en italien, ça veut dire ‘Je t’aime’. En espagnol, on dit ‘Te quiero’, en anglais ‘I love you’, en russe…
- Ah oui ? Et en Luxembourgeois ? »

Erf. Nous y revoilà avec le luxembourgeois. C’est vrai que lui aussi, en deuxième année de maternelle apprend les rudiments de la langue voisine…

« Heu, là, je ne sais pas. Faut demander à Justine, elle sait peut-être…
- On dit ‘Moyen’ (prononcez ‘Mohienne’).
- Mais non mon bébé, ça ça veut dire ‘Bonjour’.
- C’est pareil », conclut mon monstre gentil d’un ton péremptoire en prenant son verre de jus de pomme.

Moralité, va falloir que je fasse gaffe quand je dis bonjour dans la rue. Des fois qu’on prenne ça pour des déclarations d’amour…

par Ecriveuse publié dans : Mots d'enfants communauté : R42,
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Jeudi 27 mars 2008

« Maman… »

Au ton de la voix, je sais que ma fille va me poser une de ces questions dont elle a le secret.

« Oui ma chérie ?
- J’ai une question à te poser (qu’est-ce que je disais !). Bon, je sais, elle est un peu idiote mais j’aimerais savoir un truc.
- Ma chérie, il n’y a pas de question idiote : il faut toujours demander ce qu’on ne comprend pas… ».

En lui affirmant ça, je prie un Dieu que je ne connais d’être en mesure de trouver la réponse adéquate. Et si c’était une question de physique quantique ? Non. Elle n’a que 8 ans… Ou alors pire, une question de métaphysique ?! Ou pire encore… LA question !

« Maman, quand je suis née, je suis née avant ou après ?
- … » (et là, vous m’imaginez, la bouche grande ouverte, l’air complètement ahuri)

Bon c’était pas LA question. C’est déjà ça de pris. Par contre, pour la suivre des fois ma Juju, faut se lever de bonne heure…

« Comment ça ???
- Ben oui, je veux dire, tu sais, je suis née avant ou après ? Je t’avais dit que c’était une question idiote, hein !
- Mais non ma doudou, c’est pas une question idiote… Je ne la comprends pas, c’est tout…
- Mais si, normalement, les bébés, ils doivent rester pendant au moins trois mois dans le ventre de la maman non ? Ou 10, je ne sais plus (houlà, va falloir recadrer un peu, mais je vois enfin où elle veut en venir).
- Aaaaaaah d’accord. En fait, tu devais naître le 13, et tu es née le 3, donc 10 jours avant la date prévue.
- Sinon quoi ? J’allais mourir ? »

Ah ben voilà, je comprends mieux pourquoi elle m’a parlé, dans la voiture, d’une dame qui a perdu un nouveau-né…

« Ben non, tu n’allais pas mourir… Mais comme je suis tombée, et que pour ne pas que mon ventre touche par terre en tombant, j’ai forcé sur tous mes muscles, ça a déclenché le travail…
- Ah… Donc je ne devais pas mourir ?
- Mais non ma chérie ! D’ailleurs, vous êtes nés tous les deux en bonne santé, ton frère et toi. C’est tout ce qui comptait. Ca doit être dur de perdre un bébé.
- Surtout quand il est mort », confirme ma fille.

A ce stade, je ne vais pas en rajouter une couche sur le fait qu’elle n’a pas compris le sens de perdre. Je réprime quand même un sourire, et surtout, ne lui parle du fait que ça a été le cas de ma mère à moi. Après tout, inutile de la traumatiser plus qu’elle ne semble l’être déjà.

« Tu sais, Juju, ça arrive, des fois… C’est triste, mais on ne peut pas y faire grand chose.
- De toute façon, elle va avoir un autre bébé, Madame X.
- Ah ben, c’est très bien ça !
- Faudra qu’elle fasse attention où elle le met cette fois… »
Je dois être maso, mais je ne peux pas m’empêcher de lui demander :

« Tu n’as pas d’autres questions qui te préoccupent ?
- Non, non… Je cherche, là, mais non…
- Tu as compris alors ?
- Oui oui…
- Ah, et au fait, ma chérie, c’est neuf mois, pas dix, ni trois, qu’on garde un bébé dans le ventre.
- C’est ce que je t’ai dit !
- …
- J’ai dit dix, c’est pareil ! (je suis certaine que toutes les femmes enceintes du monde sont d’accord…)
- Pas tout à fait non, un mois de plus, dans ce cas, c’est long !
- En tout cas, non, maman, je n’arrive pas à trouver d’autres questions. Tu m’emmènes à mon cours de théâtre ?
- On y va. »

J’ai donc échappé à LA question. Mais je me demande si ça ne va pas être pour bientôt…

par Ecriveuse publié dans : Mots d'enfants communauté : LES COPAINS D'ABORD
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Jeudi 27 mars 2008

« Holà ! fit l’aide-soignant en le retenant de justesse. M’ieur Ponti, ça va ? Je vais vous raccompagner dans votre chambre.
- Inutile, tenta de protester Mat, ce n’est qu’un vertige. Je retrouverai ma…
- Je ne peux pas vous laisser remonter tout seul, je vous ramène, le coupa son interlocuteur, en raffermissant son étreinte autour de la taille du convalescent.
- Je ne comprends pas ce qui m’a pris. Je me sens bien pourtant…
- Vous savez, vous avez quand même vécu quelque chose de pas banal… Normal que votre corps vous intime de vous reposer !
- Mouais… fit Mat peu convaincu.
- Vous verrez, d’ici la fin de la semaine, vous serez tout à fait remis. Faites-nous confiance ! ajouta l’aide-soignant avec un grand sourire.
- Nous ? interrogea Matteo, surpris.
- Ben oui, nous, le personnel médical, quoi !
- Ah oui, pardon… »

Il leur fallut peu de temps pour arriver au 34B.

« Voilà, vous y êtes. Profitez-en pour vous reposer surtout. Et si vous avez besoin de quoi que ce soit, appelez, ou même demandez-moi : je suis de nuit aujourd’hui.
- Parce que vous êtes à mon étage ?
- Oui M’sieur.
- Très bien… Mais avec tout ce que j’ai dormi ces derniers temps, je ne suis pas sûr que…
- Je suis convaincu que vous pouvez trouver le sommeil. Ou du moins laisser le sommeil vous trouver… Quand j’ai du mal à m’endormir, je ferme les yeux, et je pense à des souvenirs agréables, à des images apaisantes. Je suis certain que vous en avez, vous aussi. Essayez !
- De toute façon, je n’ai pas vraiment le choix, n’est-ce pas ?
- Bah, vous avez la télé sinon. Mais à cette heure-ci, il n’y aura pas grand chose.
- Non, en effet, je ne suis pas très télé… Je vais essayer de laisser le sommeil me trouver, comme vous dites, soupira Mat. Et merci de m’avoir raccompagné !
- Je vous en prie. C’est tout naturel », sourit l’interne avant de se diriger vers la porte.

Au moment où il allait sortir, Mat lui posa encore une question :
« Je ne sais même pas votre nom !
- Alex.
- Merci Alex ! A plus tard !
- Oui, à tout à l’heure… »

Il refermea doucement la porte sur lui, laissant Matteo dans le silence ouaté de sa chambre. Il était sûr d’avoir entendu cette voix. Sûr et certain. Mais ça ne pouvait qu’être une coïncidence : après tout, il n’était plus sous l’eau, mais revenu sur la terre ferme. D’ailleurs, ça le ramenait à une autre problématique : comment expliquer ce qui lui était arrivé, sans qu’on le prenne pour un fou ?

Le sommeil le fuyant, ou lui fuyant le sommeil, il chercha dans les affaires que lui avaient ramenées Caro s’il n’y avait pas un bloc-notes. Il sourit en constatant qu’elle y avait pensé et se mit immédiatement à écrire. Il jeta sur le papier tout ce qui lui était arrivé, ou du moins tout ce dont il se souvenait. Après tout, à défaut d’être crû, il pourrait faire passer ça pour une nouvelle de SF ou de fantasy… Et ça lui permettrait peut-être d’y voir un peu plus clair.

Alors qu’il relisait ce qu’il avait écrit, quelques heures plus tard, on frappa discrètement à sa porte. Mat jeta un coup d’œil à sa montre et constata qu’il était presque 23h.

« Entrez !
- J’ai vu de la lumière, je me suis dit que vous aimeriez peut-être une boisson chaude, sourit Alex qui tenait un plateau.
- Ah, merci.
- Alors ? Toujours pas fatigué ?
- Non, toujours pas. Cela dit, c’est souvent comme ça quand j’écris : je ne vois pas le temps passer…
- Et vous avez écrit sur quoi, si ce n’est pas indiscret ?
- Disons que dans la mesure où ce n’est pas terminé, je préfère garder le sujet pour moi…
- Pas de problème. Bon, je vais retourner à mon poste. Vous n’avez besoin de rien ?
- Non, non. Merci. Au cas où, je sonne », termina Mat en souriant.

Alex quitta la chambre.

par Ecriveuse publié dans : Nouvelle communauté : les auto-édités
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Mercredi 26 mars 2008

« Allez, les schtroumpfs, on y va !
- Mais Maman, j’ai pas envie de sortir, râle Juju.
- Moi non plus j’ai pas envie», enchérit son frère, sans lever les yeux de sa DS.

Le jour où on a acheté ces trucs-là, j’me demande si on n’a pas fait une énorme bêtise.

« Même si vous n’avez pas envie, je dois aller à ce rendez-vous et comme vous êtes petits, vous ne pouvez pas rester tout seuls. Allez, hop, chaussures et blousons. Plus vite on sera partis, plus vite on sera revenus.
- C’est pas juste ! On fait toujours comme toi tu veux ! s’indigne la grande.
- Oui, c’est pas juste,  confirme son frère, toujours le nez sur son jeu.
- Je sais. Mais la vie n’est pas juste alors autant vous y frotter tout de suite, remarqué-je, amusée de leur début de rébellion.
- Tu parles toujours de démoquelquechose, et pourtant tu fais le contraire… »

Note pour plus tard : c’est une chose d’enseigner des notions à ses enfants, c’en est une autre de prendre leurs réflexions, pertinentes en plus, dans la tronche quand, justement, on n’a pas le temps de s’étendre sur la question…

« Démocratie ? C’est ça le mot que tu cherchais Juju ?
- Oui, voilà. Démocratie. On n’a qu’à voter. Et comme ça, on verra si on reste ou pas… », ajoute-t-elle d’un air détaché.

Grmble. Note bis : arrêter absolument de vouloir TOUT leur expliquer. Ca urge.

« En l’occurrence, ma doudou, on pourrait voter, mais ma voix compte double puisque j’ai l’autorité.
- Donc la démocratie, ça sert à rien ? »

Rhaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa.

« Tu veux bien qu’on en parle dans la voiture ? Et puis on va faire un truc : puisque ça vous embête tellement, en échange, on ira à la fête foraine dans l’après-midi. D’accord ? »

Pour le coup, même Robin a levé les yeux de sa DS qu’il a d’ailleurs refermée d’un coup sec.

« Maman, elles sont où mes chaussures ?
- Sous l’escalier mon cœur, ne puis-je m’empêcher de sourire, pas mécontente d’en avoir au moins récupéré un de mon côté.Alors Justine ?
- De toute façon j’ai pas le choix, hein ?
- Rhooo ! Ne me dis pas que tu n’as pas envie d’aller sur les manèges ?!
- Si mais…
- Tu vois, ça fait aussi partie de la démocratie : trouver un terrain d’entente quand on n’est pas d’accord.
- Fallait le dire tout de suite ! » dit-elle en conclusion avant de filer mettre son blouson.

Un brin soulagée d’avoir eu gain de cause facilement, je ne suis cependant pas loin de penser qu’avec ses réflexions du tac au tac, du haut de ses huit ans, ma gamine me laisse présager de sacrées discussions dans l’avenir… Faites des gosses qu’ils disaient…

par Ecriveuse publié dans : Mots d'enfants communauté : les auto-édités
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Lundi 24 mars 2008


Il y a des jours où l’on voudrait être ailleurs,
Inconnu et sans attache, libre de toute angoisse,
Là où plus jamais ne s’approcherait la peur,
Au fil des jours, quand plus rien ne passe.

Il y a des jours où ce qu’on tenait pour acquis,
Vole en éclats, et où l’on reste anéanti,
Juste parce que la colère et les ressentis,
Parcourent en grondant le chemin de nos vies…

Il y a des jours où l’on se sent assommé,
Où les rires d’autrefois disparaissent en fumée,
Et l’on se demande comment se sortir de là,
Si l’on y arrivera… Ou pas.

Il y a des jours où l’on croyait avoir fait le tour,
Où la famille était le vrai symbole de l’Amour,
Où rien ne pouvait briser une si belle entente,
Quand soudain, frappe l’Ombre tapie en attente…

Il y a des jours où l’on se sent isolé,
Malgré l’entourage ou à cause de lui,
Comme si alors plus jamais
On ne pourrait comprendre autrui…

Il y a des jours, fils de nos peurs d’enfant,
Qui redoublent d’intensité, de contre-dévouements,
Là où l’on croyait que l’âge adulte et grand,
Permettrait de comprendre plus sereinement.

Il y a des jours où le passé devrait se taire,
N’ayant plus voix au chapitre en devient délétère,
Comme si certains se complaisaient à souffrir,
Alors qu’un peu d’empathie pourrait suffire…

Il y a des jours où je suis épuisée,
De servir de tampon à l’encre fatiguée,
Bientôt le réservoir sera vide et usé,
Parce que j’ai du mal à comprendre la curée…

Et puis, je le sais, il y aura d’autres jours,
Ceux qui rayonnent partout alentours,
Et qui permettront de remettre à l’envers,
Ce que tu as fait naître comme colère…

par Ecriveuse publié dans : Bribes en vers communauté : les auto-édités
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Lundi 24 mars 2008
Vous voulez en savoir plus sur mon roman humoristique l'Arc d'Eros?

Alors comme ce sont les autres qui en parlent le mieux (paraît que je ne suis pas objective...) allez donc faire un tour par
là-bas, chez Owen. Et même, prenez le temps de lire ce qu'il écrit lui: ça vaut le déplacement!

par Ecriveuse publié dans : humeur communauté : LES COPAINS D'ABORD
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